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La fusée et le hibou – Blog de Papa Lion

Il suffit que Mickey titre « Spécial vacances » sur son numéro spécial vacances pour que je m’y voie un peu, je pars faire un tour de ville avec les enfants, au terme de notre rotation nous revenons plein d’emplettes et de projets pour l’après-midi : nous allons peindre, comme les jours où il pleut, pas grave, nous allons peindre deux tirelires. Une pour chacun et nous répartirons la somme accumulée dans feu la tirelire commune (une commune boîte en plastique) entre les deux petits épargnants. Ce cochon de cochon nous réserve une bien mauvaise surprise : l’usufruit pourri est estimé à 14 euros et 25 centimes. L’aîné pas de la dernière pluie propose d’en garder 7 euros et 13 centimes, abandonnant 13 euros et 12 centimes à la frangine. Je trouve ça injuste donc j’acquiesce. Nous arnaquons l’ingénue de Génie.

Il s’agit d’une fusée et d’un hibou, ou peut-être s’agit-il d’une chouette, moi je dis chouette, mon grand dit hibou, ma petite dit chouette, un hibou. Ca ne loupe pas : la fusée du grand sera aussi celle de Tintin. J’orthogonalise en ellipse, je me démerde plutôt pas mal, je dirais même plus : je me démerde plutôt pas mal. Je dis qu’on aurait dû acheter du vernis, mon paresseux me dit que ce n’est pas la peine, ma dernière qui n’est pas la dernière suggère qu’on appelle sa maman : du vernis, elle en a de toutes les couleurs.

Nous peignons. Mets de la matière, asséné-je, mets de la matière. Mon fils me demande quel aurait été le prix de sa tirelire si il s’y était trouvé 2000 euros dedans. Pour la première fois de ma vie, donc de la sienne, je trouve qu’il dit un truc idiot. Je lui fais remarquer que c’est idiot, elle aurait valu 2000 euros. Ben non, c’est sans compter le prix de la tirelire. C’est pas idiot. Je lui dis de remettre un peu de matière.

Nous sommes interrompus par des hurlements émanant d’éminents manants. Une maman hurle après son fils : « Quand on aime sa mère on dit pas qu’elle est grosse, si tu m’aimes tu me dis pas que je suis grosse ». Faut reconnaître qu’elle ne laisse pas beaucoup de place sur le trottoir, nous on s’en fout on est au balcon, quel spectacle que ce bal con. La rue est à eux, ils sont à leur déplaisir, nous ricanons, ce qu’on est bien là-haut. Refermons la parenthèse et la fenêtre, il faut de tout pour faire immonde, remettons un peu de matière.

La fusée est fuselée. On est à bout du hibou. Mon cadet cadeau regrette que ce ne soit pas plus lourd : j’essaie de lui expliquer que l’argent, c’est du temps. On en a (du temps), ce sont les vacances. Ca joue avec la fusée, « vvvvvou ! », mieux vaut pré-vernir que guérir : la peinture rouge s’épaillette un peu partout dans l’appartement, un coup de Frank Wolff ? Un coup d’éponge, je ne suis pas verni.

Salaud.

Nous sommes en vacances ou presque. On boit frais, on mange cru. L’ainé fin regrette que les jours diminuent déjà, je ne sais pas de qui il tient ça. Tiens, aujourd’hui en classe, nous avons rechanté toutes les chansons que nous avons apprises depuis le début de l’année. Un élève que je n’imaginais pas si sentimental m’a dit avec un grand sourire que ça lui donnait envie de pleurer tellement c’était bien, le début de l’année. Je me le suis rappelé en début d’année, quand il me donnait envie de pleurer tellement c’était pas bien quand il mangeait sa colle. Cours ministral sur la nostalgie. Je leur ai dit qu’ils me manqueraient. C’était très exagéré.

Revenons à mes moutons : Michel Delpech et sa fusée hergiaque, Shakira qui bout. Quand je les dépose à l’école, le grand me tient la main et la petite à l’écart. L’un génie, l’autre génue. Le bédéphile et le bébé file. La boule à mimiques ne mange rien, l’autre affamé bouffe dans ses pantalons. Les aimants m’attirent.

Le week-end touche à sa fin. Je dépose et je dispose. Demain les vacances.

Les marrons plein la tronche – Blog de Papa Lion

bogue

Chaque repas est une immense blague que Bébé Lionceau abonde, entre autres, de messieurs et mesdames qui ont un fils comment l’appellent-ils, mais à l’image des Harry coverts qui calent en bouche ses calembours calent au bout. Pourtant, Tao Saucisson ou Maël Concombre parviennent à nous faire rire car c’est l’intention qui compte et qu’elle est bonne, l’intention, et qu’elle est bonne la blague, et qu’ils ne sont pas bons mes haricots. C’est la fin d’un dimanche à trois dans l’aube d’une nouvelle vie à inventer. Nous avons ramassé des bogues, informes articles de décoration pour les cheminées qui restent de marbre. A grand renfort de coups de pieds nous exfolions les fruits trop mûrs d’un automne bien précoce. J’en ai plein les poches sous les yeux, nous en aurons bientôt à ne plus savoir qu’en faire, l’enfer marron d’ailleurs Grand Frère Lion me demande, tiens, au fait, ce que j’en ai fait des marrons qu’on a ramassés l’an dernier ? Et l’année d’avant ? Et chaque année ? Bébé Lionceau croit se rappeler les avoir mis dans le coffre. Bon.

Une femme en tailleur nous observe. Quelle idée de porter un tailleur un dimanche matin aux jardins. Ses petites filles (Coline et Claude ?) convoitent la dot de mon fils, une douzaine de marrons tout chauds. Ils sont peut-être dans la même école, celle où les nôtres sont inscrits pour échapper à l’école du t’y es car…t’habites le mauvais quartier. Elles s’approchent et voudraient bien entamer la conversation mais, considérant probablement que le bonheur est tailleur, il se taille. J’ai honte, je lui dis, il s’en fout : il a repéré un petit marron là-bas qui fera treize à la douzaine. Sa sœur le suit, j’essuie ma sueur : les sauvageonneries de mon rejeton me pèsent.

A la maison, enfin, à l’appartement, nous respectons le sempiternel temps pas très calme, puis nous jouons. Je prépare à contrecœur ma semaine avec mes élèves pendant mon week-end avec mes enfants. Puis l’après-midi passe.

Les enfants se couchent, se relèvent, se recouchent sinon « ça va mal aller » et je prie pour que ça aille bien. Oui, vraiment, j’espère que tout ira bien. Je me pose une énième fois la question et me dis que ça pourra aller tant que Tao Saucisson et Maël Concombre égaieront nos repas.

 

 

La RAJE – Blog de Papa Lion

radio-papalion

C’est la musique d’aujourd’hui et de demain que le clone de son père écoute impassiblement et un peu trop fort dans sa chambre qui est aussi celle de sa sœur et ça c’est pas facile à faire entendre, moins en tout cas que RAJE FM, quel drôle de nom, RAJE FM 102.5, la musique d’aujourd’hui et de demain, single leitmotiv pour ne pas penser à hier et je crois que mon fils aux cheveux blondis par le soleil fonce en cette fin d’été. On cherche à s’échapper mais dans le salon c’est ma playlist largement inspirée ces derniers mauvais temps de RAJE FM et du coup c’est un peu la stéréo dans la maison devenue appartement par le truchement des choix de vie mais music is life. Tiens, du rap, ça n’empêche pas le petit grand garçon de chercher des mots dans son dictionnaire et j’espère qu’il n’y cherche pas les mots en uck et en itch de la chanson. Entre le yaourt et la pomme sa pomme fredonne un truc en yaourt, mais si tu connais, ça passe sur RAJE ! J’entends mais je ne vois pas. Dans sa barbe, Grand Frère Lion répète machinalement : RAJE, la musique d’aujourd’hui et de demain. Il n’a plus de CD mais il a la radio. On annonce les promos de rentrée à la Halle aux trucs, il s’impatiente : la pub, la pub ! C’est dans les gènes, mais revoilà du bon son et je lui fais remarquer que c’est pas de la musique de supermarché, ça, Pépère. Il me fait remarquer qu’il n’y a pas de musique dans les supermarchés et me demande pourquoi je l’appelle Pépère, soudain, ben je sais pas moi. Bébé Lionceau a un CD, elle : jamais on a vu jamais on ne verra la famille tortue etc. C’est de la musique d’hier ça ma poule, alors la grande petite fille ou bien c’est l’inverse car son père s’y perd me demande pourquoi je l’appelle sa poule. C’est vrai, me voilà bien familier depuis que la famille est dispatchée. Dyspatchée ? On lit Tintin tiens, ils sont bons les Dupont Dupond, plus nuls tu meurs, on rigole un coup c’est pas tous les jours, enfin si d’ailleurs c’est tous les jours et ça fait briller le soleil qui se couche de plus en plus tôt, foutue fin de mois d’août je ne t’ai jamais aimée. Le temps d’un câlin et ça prend un temps fou, le moyen garçon est à son poste : il rallume le poste qui nous rappelle le subliminal « RAJE FM, la musique d’aujourd’hui et de demain ». Sublime, Grand Frère Lion me dit avec la banane aux oreilles que c’est quand même du bon son, RAJE FM. Je lui suggère de surveiller mon langage.