Le blog de Papa Lion

un blog de papa pour les jours de pluie

Le blog de Papa Lion - un blog de papa pour les jours de pluie

La Bourse aux jouets – Blog de Papa Lion

Fisher Price

Nous tenons un stand à la bourse aux jouets de L., Gard (30). Hier, nous triions, pliions, encartonnions et étiquetions. J’ai collé sur un carton une étiquette 1 an et puis je l’ai remplacée par une étiquette 12 mois. J’étais impliqué.

Ce matin, nous avons mis le réveil très tôt, les vendeurs étant attendus à partir de 8 heures et les premiers arrivés devant être les mieux placés. Nous arrivons les premiers, on nous met au stand 23, celui au fond, dans la petite salle. Nous ne sommes pas emballés, nous déballons notre mécontentement à la gentille organisatrice. Nous déballons notre stock. Au stand 23.

Tout est prêt à 8h10 quand la bourse doit ouvrir ses portes à 9h. Les enfants jouent une dernière fois avec les jouets qu’ils s’apprêtent à brader, baroud d’honneur avant le barouf de neuf heures, nous écopons Maman Lionne et moi le thermos à thé. La gentille organisatrice annonce : « Mesdames et messieurs, la bourse aux jouets ouvre ses portes ».

Ca chine le made in China et ça gagnerait à dire bonjour. Grand Frère Lion joue les bonimenteurs : l’avion fait même du bruit ! Bébé Lionceau voudrait céder l’ensemble pour qu’on aille enfin au toboggan. Maman Lionne propose une poche à ceux qui consentent à y mettre la main.

Il y a un type louche qui louche et qui me montre la petite veilleuse dont ma fille n’a plus besoin pour dormir depuis qu’elle dort les lumières toutes allumées. « A l’aide, à l’aide » semble-t-il articuler péniblement (pour lui et moi). A l’aide ? L’autre n’a vraiment pas l’air bien : « à l’aide, à l’aide », en louchant, naturellement, sur l’objet. Il commence à me faire peur. Nous n’allons pas nous battre pour quelques euros. Pour qu’il la mette en veilleuse, je m’apprête à lui céder celle-là. Quand je comprends enfin.

Oui, Monsieur, c’est une veilleuse à LED.

Les chalands, le temps, la journée passent à des vitesses très inégales. J’emmène les enfants faire un tour autour des autres stands dont nous revenons avec une Bonne paye de voyage et un téléphone à cadran que j’ai touché à moins cinquante grâce à un bon mot : « 2 euros ? Ils se fichent des prix chez Fisher Price ! ». Je reconnais qu’au prix d’un meilleur effort, je l’avais à l’œil. J’oppose mon véto et toute la force de mon corps quand Bébé Lionceau veut acheter une vieille poupée pouilleuse à qui elle a déjà trouvé un nom : Crotalai. C’est dingue ça. C’est le jouet le plus laid de l’univers et ma fille l’a déjà baptisé. C’est du reste assez joli, Crotalai.

Retour au stand in, youpi, il n’y a plus de Tchoupi. Nous finissons de céder les CD, livrons nos livres, nos cartons cartonnent, goodbye Kitty et bon débarras.

L’après-midi, donc la journée, donc le week-end, donc la semaine touchent à leur fin, le temps touche à ses fins, nous remballons les invendus que nous n’avons pas donnés non plus. Je peine à fermer le coffre, ce qui en dit long sur notre bénéfice. Je jurerais volontiers mais il y a toujours cette femme qui semble attendre devant la salle polyvalente, celle à qui nous avons donné des chaussettes pour sa fille, pour la bonne et simple raison qu’elle en cherchait, pour la bonne et simple raison qu’elle n’en avait pas. Si sa fille n’est plus pieds nus, il lui manque toujours des chaussures. Dans l’humilité, cette femme attend les soldes dans l’humidité. Je décide finalement de ne pas jurer.

Nous rentrons. « C’était une bonne journée », se félicite Bébé Lionceau qui a pourtant passé une journée enfermée dans la salle polyvalente de L., Gard (30). Les enfants ont passé un bon moment. Je leur suis reconnaissant.

Les insultes – Blog de Papa Lion

qui est-ce - papa lion

Ton personnage a-t-il les yeux gris verts ?

Alors que je ne m’y attends vraiment pas (mon auriculaire me dit qu’il faut s’attendre à ne pas souvent s’y attendre) Grand Frère Lion me demande ce qu’est au juste une insulte. Il me paraît surprenant de ne pas connaître insulte pour un enfant qui fréquente quotidiennement la cour d’école lambda d’un quartier assez bêta. C’est quoi une insulte ? Ca par exemple ! Je définis sans les exemples. Grand Frère Lion est rassuré, c’est bien ce qu’il lui semblait, on l’a insulté. Mon sang ne fait qu’un tour, enfin j’imagine. Dichotomie de papa enseignant oblige, si je convoque les élèves et leur intelligence (ils arrivent généralement en décalé) pour apaiser les conflits dans la cour de mon école, je pousse à la baston dans celle de mon fils. Qu’il aille vite fait beigner l’autre et qu’on n’en parle plus ou c’est moi qui viendrai m’expliquer avec son papa à la sortie, pourvu qu’il ne s’agisse pas du papa de N. ni de celui de O. ni de celui de F., bon je n’ai jamais vu celui de B. mais j’imagine, donc pas lui non plus, ça ne peut pas être celui de Y. puisqu’il est en taule et ça m’arrange ; bref, que mon fiston lui règle son compte comme un grand, à l’autre.

Nous marchons en silence, chacun pense à ce qu’il doit faire. Mon fils n’a aucune envie de régler ses comptes. Je ne comprends pas qu’on puisse l’insulter : il joue tout seul, il bouquine dans la cour, il renvoie en s’excusant le ballon des CM2 quand il roule jusqu’à lui. Il ne peut pas doubler dans le rang : c’est toujours le premier rangé. Ca m’énerve qu’on l’insulte, c’est un gentil, un tout doux. J’essaie bien de l’endurcir mais il se bouche les oreilles quand je mets un CD de Renaud. Nous avons joué au Qui est-ce – enfin, un ersatz de Qui est-ce, un genre de contrefaçon chinoise avec des trombines affublées de prénoms anglo-saxons. J’avais Peter. Mon fils allait gagner après avoir éliminé qui n’avait ni cheveux, ni moustaches (un doute au sujet de Jennifer), ni couvre-chef, ni yeux gris verts. Ne restait que Peter, donc. Ignorant la prononciation de l’anglais, le grand garçon n’a pas osé nommer le petit bonhomme.

Il faudrait passer à autre chose et pourtant je demande à mon fils ce qu’on lui a dit de si terrible dans la cour de récréation. Il faut insister un peu pour qu’il crache le morceau ; pas le genre à cracher non plus. Bon. On l’aurait traité de poule mouillée.

Je modère mon couplet sur le Talion et recommande à mon fils une réponse plus appropriée. S’il écoute son père, la prochaine fois qu’on le traitera de poule mouillée, de lui même il répondra « toi même ». Pourvu que ça ne dégénère pas.

Papi Lion #2050

Papi Lion
J’ai pris des maternelles c’est plus facile, je les mets en ateliers sur les tablettes tactiles ils comprennent tout seuls, ils sont intelligents ces petits imbéciles. La retraite à 93 ans c’est comme le bout du tunnel et quelque chose me dit que je suis loin de le voir de près. Bébé Lionceau ne nous présente plus personne depuis que je fais la tête à chaque fois. Je les fais fuir les uns après les autres, je fais le dur, enfin, le dur de la feuille. Quand ça ne suffit pas je ressors les photos des années 2010, le bon vieux temps, l’âge d’or, ma fille dans son pyjama Kitty, mon fils dans ses nuages, ma femme dans sa splendeur. Je fais le vieux con battant et si ça ne suffit toujours pas, je leur joue un air de Renaud à la guitare. En général, là, ils se barrent. Elle en a ramené un, un jour, le genre con. Plaisant, mais surtout con. Il a essayé de cliquer sur une photo de Bébé Lionceau. Il n’a plus remis les pieds à la maison. Grand Frère Lion est toujours à la maison, lui. Alors Grand Frère Lion c’est l’ indécrottable, les concerts, les parents, les concerts, les parents, il tanguise à sa guise et moi ça me va. Tu peux jouer du Bach à 12 ans et avoir ton bac à 15 si c’est pour être toujours chez Papa Maman à 40 ! Maman Lionne voudrait qu’il aille faire du piano à Hong Kong, il en est hors de question, et les lessives ? Et puis mois j’irai pas là-bas, même en vol wifi 7G blue-ray 4D ou je ne sais quoi. Qu’il se trouve une espagnole, comme son père. A propos, nous avons déménagé à Paris, puis sommes repartis dans le Midi, puis avons redéménagé à Paris, puis sommes repartis dans le Midi. Maman Lionne qui ne m’a toujours pas quitté propose de déménager à Paris. Pourquoi pas. J’ai 72 ans, je fais ce que je veux.

De toute façon, demain, on annonce du beau temps. C’est bien l’essentiel.

 

 

Sur une idée de Juliette Merris.

Eux aussi sont en 2050 :

PapaCube —-> PapiCube, le papa de tous les papas
http://www.papacube.com/2014/11/je-veux-un-dentier-et-papicube.html
8 à la maison —> 37 à la maison
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E-zabel —> Mamie-Zabel
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La tribu de Juju —> l’hospice de Juju
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Papa hérisson  prend sa DeLorean
http://www.papaherisson.com/2014/11/2050-futur-sur-le-retour.html?spref=fb
Moi, Timothée —> Moi, Pépé Tim’
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Paf le paf —> pépé à la maison
http://paf-le-paf.fr/3-novembre-2050-1159
Crevette d’o douce —> Crevette fossile
http://www.crevettedodouce.com/crevette-vetuste-2050/
Sabine et associés —> Sabine et les pré-retraités
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Cranemou —-> MéméMolle
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Maman@home —-> Mamie@home
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Game of mômes —> Game of déambulateurs
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La vie de Selky — >Le poil blanc de Selky
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Astrid.M
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Lili aime le nougat —> mémé aimait le nougat
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Maman anonynyme —> Mamie est connue grâce à une retraité-tape sur pépéporn
http://mamananonyme.fr/2014/11/03/mamie-passes-les-animaux/
Papa panique —> Papi prend du viagra
http://papapanique.com/2014/11/team-papipanique-2050/
Marie graine de sel —> Mémé, moche et méchante
http://mariegraindesel.fr/4-novembre-2050-meme-moche-mechante/

 

Jeu concours Lucie la Luciole – Arte : c’est fini.

lucieHello à tous le jeu concours est clos, les réponses étaient en effet :
1B
2C (après correction de la réponse C, bravo à PP pour avoir identifié la coquille)
3B
4B

Merci à Lucie la Luciole, C Productions Chromatiques et Arte pour leur proposition de partenariat.

Merci à tous pour votre participation, les dix premiers à avoir répondu juste recevront dans la journée un mail de confirmation. A bientôt.

Vincent

L’Histoire avec Jean Jaurès, Lucie la Luciole et des DVD intelligents à gagner

Quand je vois une photo de Jaurès, je pense : "oh, la barbe".

Quand je vois une photo de Jaurès, je pense : « oh, la barbe ».

Nous descendons l’avenue Jean Jaurès embouteillée comme souvent. Grand Frère Lion se demande qui ça pouvait bien être, Jean Jaurès. Il me demande puisqu’il se le demande. Je lui parle d’un pacifiste, ça lui plaît beaucoup ; un type qu’on a tué parce qu’il voulait la paix, ça ne lui plaît plus du tout. Je m’attends à ce qu’il trouve ça injuste mais c’est pire encore, il trouve ça anormal. Que les va-t-en-guerre chassent la colombe ne l’impressionne pas tant que ça. Non, ce qui est énorme, mais énoooorme, c’est que le gars a encore sa rue 100 ans plus tard et 700 km plus loin. Bref, Jean Jaurès nous fait la blague pendant les embouteillages. Nous échangeons nos positions sur la guerre des tranchées, nous nous poilons grâce aux Poilus, ça débouchonne quand j’ai fini d’étaler ma confiture sur le Café du Croissant. Le trafic ralentit encore rue de l’Hôtel de Ville, mais là, je n’ai rien de bien marrant à raconter.

J’aime beaucoup raconter l’Histoire aux enfants. En classe, l’autre jour, j’ai demandé à F. d’adouber Y avec la grande règle jaune de la classe. Qu’on a ri ! J’espère que je ne leur dis pas trop de bêtises.

A ce propos, j’ai récemment été contacté par l’équipe qui produit la série Lucie Raconte l’Histoire. Il s’agit de documentaires télé très bien pensés animés par la petite luciole prénommée Lucie et qui permettent aux enfants à partir de 7 ans de découvrir les grandes lignes de l’Histoire. Chaque épisode dure 26 minutes, la série compte 10 épisodes qui seront diffusés chaque dimanche matin à 8h50 sur Arte à partir de dimanche prochain.

lucie

Pour ceux qui n’arrivent pas à lever leurs enfants le dimanche matin ou qui refusent de les mettre devant la télé, même devant Arte (dommage : dès lundi prochain, dans les cours de récréation et partout en France, les enfants se raconteront ce qu’ils auront vu la veille sur Arte), il y a 10 DVD de Lucie la Luciole à gagner. Les gagnants seront les dix premiers à répondre correctement aux 4 questions ci-dessous et à partager l’article :

  1. Une seule de ces inventions ne date pas des Gaulois. Laquelle ?

a.      le tonneau

b.     le moulin à vent

c.     la cotte de maille

  1. Quel est le lien de parenté entre Louis XIV et Louis XVI ?

a.      père et fils

 b.     grand-père et petit-fils

c.       arrière arrière arrière grand-père et arrière arrière arrière petit-fils

  1. Au fait, qui a tué Jean Jaurès ?

a.       Raoul Cochon

b.       Raoul Villain

c.       Raoul Salaud

  1. A qui doit-on cette phrase : « Prenez invariablement la position la plus élevée, c’est généralement la moins encombrée »

a.       Nicolas Sarkozy

b.       Charles de Gaulle

c.       Gustave Eiffel

Voyez, c’est facile. J’attends vos réponses en commentaires, les DVD seront adressés aux vainqueurs dans la foulée. A très vite ! Et n’oubliez pas, le premier rendez-vous avec Lucie, c’est dimanche à 8h50 sur Arte.

L’après-midi d’anniversaire – Blog de Papa Lion

On arrive sur le parking du parc d’attraction jeux loisirs pour enfants, il y a le père de F. qui fume sa clope, il prend l’air de celui qui prend l’air. Je lui serre la pogne : regards de connivence qui voudraient signifier que le meilleur endroit ici, c’est le parking, mais les enfants se tirent la bourre pour me tirer la manche. C’est un dimanche à la bourre, je ne vais pas tailler la bavette avec le papa : c’est l’anniversaire de F., l’amoureuse de Grand Frère Lion. Nous entrons dans l’entrepôt des entre-potes.

Le bruit.

F. est là ainsi que pas mal de ses petits copains en chaussettes et furie. Je voudrais tester le toboggan mais il faut parler avec les mamans. La conversation tourne assez rapidement autour des enseignants et des enfants, surtout ceux qui n’ont pas été invités, ceux qui disent des gros mots quand les nôtres déclament du Carême. Plusieurs mamans nous faussent compagnie, la faute à la course à faire et nous sommes du coup pris au piège, Maman Lionne et moi, nous n’allons pas laisser la maman de M. gérer seule tous ces enfants. On interdit aux plus petits l’accès au toboggan des grands, on demande aux plus grands de ne pas aller dans l’espace des 0-3 ans ; plus tard, très vite, tout de suite, tout est mélangé.

C’est le goûter, les enfants sont en surchauffe. Ils dansent le gangnam style sur les bancs. Je pensais qu’on en avait fini avec le gangnam style en 2014. Bon, gangnam style. Grand Frère Lion hésite entre lever les yeux au ciel et faire des moulinets avec les bras. Il mouline finalement les bras en levant les yeux au ciel. Il est bon, Grand Frère Lion : plus il s’empêtre dans son gangnam style, plus il me fait penser à Claude François. Bébé Lionceau mouline les bras et déhanche à mort. C’est limite, je me demande où elle a appris ça. Le gâteau arrive. Je fais le service à la petite cuiller, on ne me dit pas beaucoup merci.

F. est contente, son anniversaire est réussi. Je félicite la maman, c’est chouette, ils ont de la veine, ces enfants. Je l’aime bien, cette maman. Je n’ai jamais vu la couleur de ses cheveux mais je l’aime bien. Elle nous aime bien aussi parce qu’elle trouve que nos enfants sont super bien élevés, ça me fait marrer : elle n’est pas là quand Bébé Lionceau repousse ses tomates en disant qu’elles sont dégoutantes. Elle a des valeurs très tradi, la maman de F. Par exemple, elle refuse de mettre ses enfants dans l’école publique parce que dans l’école publique, on apprend des trucs pas nets. Bon, moi j’y travaille à l’école publique et, hormis quelques chansons de Gainsbourg et une approche un peu minimaliste des arts visuels, mon enseignement est conventionnel. Je cherche à lever le voile et je comprends très vite que c’est à propos des garçons et des filles. Ca aussi, je pensais que ça avait disparu avec le gangnam style, mais non. Du coup, la maman de F. préfère l’école catho. Je ne vois pas le rapport, je me dis que le genre l’embarrasse davantage que les paradoxes. Je n’entre pas dans le débat, ce sont les vacances et mes enfants sont dans le catho aussi. Maman Lionne me suggère d’aller faire une course. Je loupe les fraises Tagada mais tant pis.

Quand je reviens, les enfants refont un tour de toboggan et nous celui de la conversation. Nous levons notre verre de Fanta une dernière fois pour tous puis le camp, une bonne fois pour toutes. Dehors, le papa de F. est là. Il fume encore. Nous courtoisons et nous disons qu’au plaisir…Je m’interroge sur les plaisirs du papa de F.

Les enfants m’épargnent la peine de leur demander s’ils se sont amusés : au premier virage, ils dorment déjà.

Attention, alerte à la vigilance prudente – Blog de Papa Lion

escargotJe corrige les évaluations avec Bébé Lionceau et Grand Frère Lion et nous rigolons bien. (Pédagogues s’abstenir.)

« Alors elle tu vas voir elle va avoir une mauvaise note…Tiens, qu’est-ce que je t’avais dit ? Et lui…alors lui…ah non tiens, pas mal.

- 7/20, c’est pas mal Papa ?

- Ah oui, pour lui, c’est pas mal. Attends voir, elle…bon, elle écrit son prénom en lettres bâtons et au crayon, c’est pas bon signe.

- Pourquoi elle a fait des dessins ?

- C’est pas des dessins, c’est un message codé pour le Maître. Attends, je décrypte : « Je man fou du moi yenage ». Allez, un point de bonus pour le dessin.

- Ca lui fait combien alors ?

- Ca lui fait un. »

Bref, je prends quelque recul par rapport au principe d’éducabilité ce qui est d’autant moins pardonnable que j’associe à ce cynisme gras mes pauvres enfants mais enfin nous sommes en vigilance rouge ; je suis vigilant, avec mon petit verre de rouge, et nous rions. Et il suffirait aux enfants des autres d’apprendre leur leçon.

J’entoure les erreurs d’orthographe, je fais deux traits sous les minuscules de début de phrase, j’en ai marre. Professionnel jusqu’au bout, j’avance l’heure de la récréation et nous sortons…dans la cour.

Dans la cour, c’est le retour de Gogo l’Escargot, d’ailleurs Bébé Lionceau est catégorique : elle le reconnaît parce qu’elle le reconnaît. Elle jubile, tu te souviens Papa, on avait fait un…un…une escargotière, crâne Grand Frère Lion. Oui, c’est le même et on va le mettre dans le…dans le…dans l’escargotière s’impatiente l’aîné. Oui, dans la maison là.

Grand Frère Lion est sceptique, il lui semble bien que c’était un petit gris, la dernière fois. Arrête, c’était l’année dernière, comment peux-tu te souvenir ? Il se souvient parce qu’il se souvient. Et là, c’est un escargot de Bourgogne. Ben il s’est drôlement paumé, rigolons-nous. Je rigole un peu trop, Grand Frère Lion m’interroge. Je m’explique : ça ne peut pas être celui de l’année dernière, pardi, j’avais oublié de percer le Tupperware, il avait clamsé pendant la nuit.

Grand Frère Lion n’est pas bien, là, il n’y a plus que moi à me marrer. On est en alerte rouge, c’est pas le moment de faire déborder le Gardon alors, pour détendre l’atmosphère, je propose de faire une maison pour Gogo II et cette fois on fera un trou dans le couvercle. Ouais ! Bébé Lionceau demande si elle pourra dormir avec Gogo II, ce soir. Où ça, dans le tupperware ? Non, dans sa chambre ! C’est non. Mais pourquoi non ? Et si promis elle le garde sous son oreiller ?

Tupperware, caillou, laitue, puis nous rentrons, je finis de surévaluer mes élèves sous-évolués mais revoilà déjà Bébé Lionceau toute inquiète :

« Et si la pluie mouille Gogo II ?

-       T’inquiète, il est à l’abri dans son Tupperware.

-       Ben oui, mais t’as fait un trou dedans. »

Nous sortons sous un parapluie voir si Gogo II n’a pas attrapé froid. J’ouvre son petit Velux…Bébé Lionceau, appelle vite ton frère, il y a des œufs ! Grand Frère Lion dévale les escaliers, la loupe à la main. Je tente de faire le malin : vous voyez les enfants, nous avons la preuve que c’est une femelle. Pas du tout répond mon fils, prix Nobel des mollusques. Chez les escargots, c’est aussi bien le mâle que la femellee qui pond les œufs.

Mais comment il sait tout ça, lui ? Il m’énerve des fois. Bébé Lionceau insiste pour que nous rentrions Gogo II à l’intérieur. J’hésite, et qu’est-ce qui se passe quand j’hésite ? Ben je cède.

Nous passons l’après-midi avec Gogo II. Et puis vers 17 heures, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai dû rétrograder en vigilance orange, toujours est-il que je retrouve le tupperware sans son couvercle. Il y a des oeufs, des crottes, un reste de laitue, mais pas d’escargot. Selon les premiers témoins interrogés, Gogo II aurait eu chaud, et manifesté l’envie de se promener à l’étage.

Ce soir, Bébé Lionceau dort vraisemblablement avec un escargot sous son oreiller.

Vintage ou High-tech – Blog de Papa Lion

Faudra me payer cher.

Faudra me payer cher.

C’est dans le magazine de la Fnac qui s’appelle Contact (et « Reviens » tant les enfants qui continuent malgré tout de croire au Père Noël y glandent et glanent des idées pour plus tard). Quand on n’est pas monomaniaque de la page Jeux, on apprend non sans (double négation mon Frère) cocasserie et en deuxième de couverture que la Fédération nationale d’achats des cadres vendait de l’électroménager avant le lancer lancement du disque. Quel n’est pas notre étonnement en apprenant que la micro-informatique (c’est quoi ?) a fait son entrée à la Fnac en 1980 tandis que moi, je rentrais à l’école en pleurant ma mère. Le contact, je vous dis. Mais on apprend aussi dans la double page la plus manichéenne de Contact qu’en 2014, on est catégoriquement Vintage ou High-Tech. Si l’on est Vintage, on incite ses enfants à demander au Père Noël un Kiki, un téléphone à cadran, un Nain Jaune ou une peluche Calimero. J’aimerais raconter ce que l’on achète à ses gosses quand on est High-Tech. J’identifie péniblement des robots et aussi un genre de tyrannosaure, mais enfin le Crétacé assez crétin date de 60 millions d’années ; je l’aurais rangé du côté Vintage.

Je ne milite pas, je m’en fous. Je n’ai jamais vu Star Wars. J’suis un ringard et je m’en fous.

Les enfants parcourent le catalogue. Ma Poupée est déçue : ça manque de poupées. Ce n’est pas un catalogue à son image. Grand Frère Lion hésite entre le Nain Jaune, ce jeu ringard où son papa l’avait pillé cet été, et une tablette. Ah, une tablette ! On a chacun ses emmerdements mais c’est comme ça, pour Noël, on a vraiment envie de faire plaisir à ses enfants. Moi je suis ringard mais je m’en fous, j’ai 37 ans, j’ai trouvé une femme qui a accepté de traîner avec un ringard. Ca va, Star Wars, on peut vivre sans. On peut vivre aussi sans moi du reste. Finalement, on ne saura jamais ce que l’on rate, sans Star Wars ou avec moi. J’ai imposé à mon fils des choix ringards toute sa vie : le piano, la lecture, les deux adverbes de négation. Il va avoir sept ans. Pour faire le papa cool, je montre le vilain tyrannosaure à mon fils, il me rit au nez, me parle de météorites. Il est devenu ringard ? Pas sûr, il lorgne décidément les tablettes.

Je (m’en) remets à plus tard. On n’est pas mi-octobre et ça devrait être déjà Noël. C’est vrai qu’il n’y a plus de saison. Les enfants vont jouer dans la cour. 10 cm d’eau cette nuit, un grand soleil cet après-midi. L’eau charrie : des crasses encombrent la grille d’évacuation. L’automne me déteste et le temps périt. Quand ça ne va pas, je regarde mes enfants jouer. Alors je regarde mes enfants jouer. Puis il pleut, nous rentrons.

Mon fils ce blaireau

blaireau papalion1Chez nous le grand frère supplie sa petite sœur de jouer avec lui et tantôt elle opine, tantôt elle a le chat à fouetter. L’autre jour par exemple, le chat devait être introuvable, elle se retrouve à jouer avec son pis-aller de frère comme on accorde l’aumône.

Faut dire qu’il a des jeux, mon fils, faut être motivé.

Ce jour-là à force d’hésiter le grand frère finit par consulter sa Pythie sœur. « Tu veux que je sois ton animal ? ». Ca commence bien…J’aurais aimé qu’elle élève le niveau mais non bien sûr, c’est trop beau, servi sur un plateau de dînette, bien sûr qu’elle veut qu’il soit son animal. « Tu veux que je sois ton loir ou ton blaireau ? ». C’est au tour de la princesse d’hésiter : les loirs, les blaireaux, elle n’est pas bien sûr que c’en soient, des animaux. « Un chien ! » – « Ah non » ! proteste le minuscule grand frère , « j’étais déjà ton chien hier ».

Elle a beau porter la culotte et si possible maculée de princesses, la petite fille sèche : loir ou blaireau, elle ne voit pas. Son frère la sent qui se démotive et s’en remet à moi : « Papa, il nous faut de toute façon un animal qui hiberne. Evidemment, les loirs hibernent, donc je ne peux pas être un loir. Mais les blaireaux, ils hibernent les blaireaux ? »

Comme j’aimerais qu’ils hibernent. Hélas il s’avère que le blaireau n’hiberne pas, enfin pas vraiment si l’on en croit la page wikipedia consacrée au sujet et que nous lisons en diagonale. Va pour le blaireau.

Dans les secondes qui suivent, Bébé Lionceau semble tirer une laisse imaginaire précédée de mon fils à quatre pattes qui incarne un formidable blaireau domestique. Mais très vite sa sœur se lasse de le tirer en laisse : elle le laisse, il l’enlace et la lèche mais elle se fâche. C’est l’abandon.

Grand Frère Lion est déçu mais surtout il s’étonne : « je ne le fais pas bien le blaireau » ?

Je ris mais cet enfant m’inquiète, je n’aimerais pas qu’il propose à ses camarades de leur faire le blaireau. On le respecte encore, peut-être parce qu’il connaît les jurons du capitaine Haddock. Ca ne les tiendra pas en respect longtemps.

Je couche mon petit blaireau, il me réclame son package tendresse, je lui en sers le double. Je n’y pense plus et puis quand même ça me revient, parce qu’avant d’éteindre pour de bon sa lumière, j’ai passé le nez dans son terrier. Pardi, il dormait comme un loir.

Accompagner une sortie scolaire – Blog de Papa Lion

diane

Morts ou pas complètement ?

Comme l’an dernier au même endroit, mon fils me fait salut de la main. Il a la banane, c’est un peu la star aujourd’hui puisque son papa accompagne la sortie. Il me fait coucou de la main, je lui fais un clin de l’œil avant de trouver ma place au dernier rang et alors nous nous mettons en marche. Cette fois-ci, la maîtresse ne me refile pas les vilains comme l’an dernier : j’ai le droit à un petit frisé bavard, Loris, qui me demande pourquoi je suis le père de Grand Frère Lion et pourquoi nous n’avons pas de console de jeux à la maison, qui me raconte que sa mamie est partie en vacances, qui m’assure qu’il m’a vu tout à l’heure dans la cour de récréation et qui me rassure enfin : dans son cartable, sa mère a glissé un sous-pull en polaire au cas où il ferait froid. « Super », observé-je. Sauf que son cartable est dans la classe « Tant pis », conclus-je. Nous n’avons pas fait 100 mètres que je veux changer de copain.

Nous longeons des tags, on me demande ce qui est écrit, je n’arrive pas à lire, on me fait remarquer que mon fils lit mieux que moi. Je les trouve drôlement à l’aise. Nous traversons notre quartier. Des graffeurs ont officiellement redécoré la semaine dernière les façades de la rue la plus pourrie de la ville pour qu’elle ne soit plus la rue la plus pourrie de la ville. Ils ont été payés par la mairie. Un des graffitis représente un monsieur avec une très grosse tête et un tout petit zizi. La classe de CE1 – CE2 se tort de rire. La maîtresse regrette de ne pas être passée par la rue d’à côté mais je la console : depuis la semaine dernière, la rue d’à côté, c’est devenue la rue la plus pourrie de la ville.

Nous traversons le boulevard et il faut un peu pousser Kilian pour qu’il avance : « t’as vu la BM, mon frère, sérieux je la valide ! ». Et les gazelles, tu les choufes ? C’est éprouvant ces enfants qui n’en sont pas. Nous arrivons enfin au musée.

Au musée, il y a des sculptures très vieilles et très impressionnantes qu’il ne faut pas toucher mais c’est trop tard, Kilian a déjà touché. Amina demande s’il est mort. Le sculpteur ? Non, le monsieur dans la statue. Kevin éclate de rire. Bien sûr qu’il est mort : il serait pas dans un musée, sinon.

Sinon, la conférencière est sympa. Elle nous fait asseoir au pied d’une statue et entame son laïus autour des amours de Diane chasseresse. Amina n’est pas très attentive. Elle regarde Diane et surtout son chien. Vrais ou pas vrais ? Et si vrais, morts ou pas morts ? Zut à la fin, la maîtresse a dit un jour qu’il n’y avait pas de question idiote. « Madame, le chien aussi il est mort ? »

Comme Mathéo se cure le nez et que Yanis n’arrive plus à défaire les lacets de ses deux chaussures qu’il a noués ensemble pour voir, la maîtresse suggère à la dame que nous passions rapidement à l’atelier. Je dénoue les lacets de Yanis, regrettant de ne pas plutôt lui attacher les mains aussi. Nous sommes assis et chaque enfant agile doit sculpter de l’argile dans le but d’en faire une sculpture. Un sujet vivant, hein les enfants ! Grand Frère Lion sculpte une tête sur laquelle il pose de la laine jaune qui filoche ; des cheveux ? C’est original, une tête. Bon, je ne vais pas l’accabler, les travaux manuels ne sont pas sa spécialité. Mon fils, c’est trois dessins en six ans, dont deux pour la dernière fête des pères (une commande). Et puis une tête, tant qu’elle est bien faite. A côté de lui, y’a Loris qui est content : comme la dame ne parle plus, lui peut recommencer. Même que chez sa mamie y’a une piscine mais qu’on pourra pas y aller. Pourquoi, demande Emma ? Oh, fallait suivre : elle est partie en vacances ! Je leur dis de bosser un peu, ils ne font que bavasser, ils m’énervent, ils m’énervent autant que mes élèves à moi, parler je veux bien, mais leur vie là, leurs mamies en vacances et leur animal préféré, ce qu’on s’en cogne, je ne sais pas pourquoi je me suis fourré là-dedans mon jour de repos ; ah si, je regarde la tête de mon fils, enfin la tête qu’il a faite, et je me rappelle : oui c’est pour l’accompagner, pour le voir avec ses copains. Et qu’importe qu’ils ne soient pas vraiment des copains, de copain il n’a visiblement que Kélian, un petit gentil comme lui, ils se sont tenus la main pendant tout le trajet, y’a plus qu’eux deux pour se tenir la main tout du long au CE1, je ne suis même pas sûr qu’ils aient parlé. Ils se sont trouvés et ça me fait tout drôle de me dire que je ne suis plus le seul pote de mon fils.

Bref, Loris a sculpté un puits magique. Toujours plus malin que les autres. J’ai envie d’aplatir sa sculpture d’un coup là : on avait dit un sujet vivant ! Mais Kélian, le pote de mon fils, m’épargne cette peine. C’est l’apanage des gens qui ne parlent pas beaucoup : quand ça les prend, on les écoute. « Ton puits magique, on dirait des toilettes. » Pan. Bien joué Kélian. Grand Frère Lion sourit et Loris ferme enfin sa grande bouche. C’est un très, très bon moment.

Bilan : à part Grand Frère Lion et sa tête, Loris et ses toilettes, Yanis et son énigmatique Pokémon, tous les garçons ont sculpté un serpent. La maîtresse s’étonne mais c’est un peu de ma faute, je leur ai dit de sculpter un serpent s’ils n’avaient pas d’idées. Ben ils n’ont été nombreux à avoir des idées. C’était mieux du côté des filles mais je n’ai pas eu trop le temps de voir parce qu’il a fallu faire la police dans les toilettes (les vrais) et se remettre en rang. Nous sommes rentrés à l’heure. Finalement, ça ne vous change pas trop du travail, m’a lancé la maîtresse au moment de lui dire que ça a été un plaisir. C’est un peu ça.

Sauf que ce soir, dans la bibliothèque, on a posé la deuxième tête de mon fils, celle avec les cheveux tout blonds qui filochent.