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Les boîtes vides

L’errance entre les matelas en mousse n’est pas de mon ressort. Je m’émousse entre les matelas à ressorts, cherchant à comprendre un certain nombre de choses qui touchent à la disposition des infinis articles de la fameuse enseigne suédoise, et à d’autres choses aussi telles que, allez, au hasard et entre autres, l’amour par exemple. Un enfant qu’une l’errance a rincée semblablement ou presque attire mon regard et je l’en détourne sinon c’est trois claques et les petites bonnes femmes en jaune ne me diront pas dans quelle allée je trouverais Brusali, déesse de la porte miroir et du panneau de fibre de bois imprimé, pourvu que je ne tombe pas dedans. Tout est à reconstruire et pour ça il faut d’abord construire, faire gazer la vicieuse visseuse qui tend plutôt à déconstruire. Dans les rayons des enfants je craque et j’achète des chiens en fibres de polyester et bien malgré moi mais enfin ça m’est venu comme ça je pense à Pauline Ester et que le rapprochement avec ma fille se fasse chez les Suédois me laisse pantois et pendu à mon iPhone sans message, dans ma poche mais sage. Qu’est-ce que je vais bien foutre de et dans ces armoires normandes et suédoises ? Ca vibre tiens, on me demande des nouvelles et je n’ai que des vieilleries à raconter que j’entasserai comme elles viendront, des vieilleries en cartons, mais pas en carton. J’achète un certain nombre de boîtes vides, con toutes ces boîtes vides me donnent le vertige, ma nature a peur du vide. Mes jambes se dérobent en retournant dans le rayon enfants (j’ai oublié les feutres pour Pauline Ester), c’est les médocs ou le Médoc, mon doc est en vacances et ses soins en villégiature, d’Hossegor à Arcachon y’a pas à dire j’étais mieux à voler sur un vélo. Quelle plaie grande ouverte au rayon libre service : j’ai une poêle dans la main, pas envie d’aller plus loin et pourtant la grosse flèche noir m’indique qu’il va bien falloir encaisser. Je prends un service 24 pièces, moi qui ai toujours détesté les puzzles me voici puzzled à mort, c’est marqué de partout « Nouvelle rentrée nouveau départ », je déteste le mois d’août et les publicitaires. Il est de bon ton de ne pas aimer les intérieurs Ikea tout en blanc : je plonge et ce sera immaculé, ou strié de bordeaux si je m’écharpe en montant tout ça à l’arrache et la rage.

 

Une phrase prononcée entre 3000 bières chez Ivan C. (salut poulet) revient à ma mémoire comme les souvenirs par milliers, tiens de qui était cette chanson ? Je ne cherche pas, peur d’être déç(h)u.

 

Il y a des plantes en pot et d’autres en plastique et enfin y’en a des deux c’est dégueu je trace ma route, tiens ça aussi ça me rappelle une chanson d’un con, je ne cherche même pas et je trace ma route à la hâte ; rien ne me presse mais tout m’oppresse. Tiens encore des boîtes vides avant les caisses. Y’a plus de place dans mon chariot qui charrie tiens pourquoi pas deux « r » à chariot ?

 

 

Je passe à la caisse et pour un con parce qu’avec toutes les casseroles que je traîne je suis quitte pour un certain nombre d’allers et retours, et puis je m’en fous. Dans Wikipedia et un moment d’oisiveté j’apprendrai que Pauline Ester est « tombée dans l’oubli avant d’effectuer un retour avec un best-of ». En bon best off je me réjouis pour elle en, bien sûr, m’en foutant un peu quand même. Dans le placard vide d’un appartement vide, je dispose soigneusement des boîtes vides.