Samedi soir sur ma Terre

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Papaoutai – ben là.

Comme il paraît que les traditions se perdent je m’efforce de les perpétuer et à défaut j’en instaure de nouvelles comme celle de dîner en musique quand il faut se rendre à l’évidence que c’est le dernier soir avec les enfants avant une longue semaine avec soi-même.

Nous établissons un ordre simple : Bébé Lionceau puis Grand Frère Lion puis de nouveau Bébé Lionceau et ainsi de suite, de suite.

Bébé Lionceau envoie du bois : elle demande un Papaoutai, comprendre un Stromae. En l’occurrence Papaoutai. Je suis entre eux deux et deux bouchées, on monte déjà sur la chaise et le cucul en arrière, c’est samedi soir sur la Terre. Je m’atterre puis joue le jeu puisqu’il est question de je, donc de moi. Bébé Lionceau met la paume vers le ciel et la monte au rythme du bon son, non mais je rêve ou quoi. Papaouquoi.

Au tour de Grand Frère Lion. Sans transition mais en transe et avec du son, c’est un petit Hugues au frais qu’il quémande. Mais je ne le trouve pas sur mon dix heures, alors à défaut le petit garçon demande Noël des enfants du monde.

Nous chantons donc Noël des enfants du monde et, accablé de questions, accablé tout court, attablé tout lourd, je lui explique la Palestine, les Chinois, les Juifs, les Musulmans, les athées. C’est indigeste. D’un geste Bébé Lionceau fait comprendre que c’est à son tour et ce sera un autre Papaoutai.

Nous écoutons une chanson qui n’est pas pour les enfants et les régale pourtant, je réprime les pieds sur la table. J’ai dit sur la chaise, il ne faut pas exagérer.

On écoute Alors on danse. Alors on danse.

Toute ressemblance avec des personnes existant s’explique par les gènes et si y’a de la gêne…Bref le petit d’Elle danse au son des basses sur sa chaise haute et je tente un « Je vous demande de vous arrêter » balladurien qui se perd entre Etterbeek et Laeken. J’ouvre une Heineken entre les tours de Bruges et Gand.

De nouveau le tour du petit Grand qui voudrait vraiment, mais alors vraiment qu’on écoute Ali ouante fort christ masse. Ca groove au 63 rue R.

Je manque de sommeil, je suis sans nuit, Bébé Lionceau s’ennuie sur All i want for Christmas. Faut dire que c’est limite pénible mais Grand Frère Lion bat le rythme avec son index et c’est quand même ça de pris. Je le soupçonne de croire encore au Gros Barbu, je la soupçonne, elle, de ne plus y croire et voilà que la fin du repas entre si proches approche. C’est à son tour et elle choisit la chanson des chansons, le titre qui la fait vibrer depuis toujours : Lola qui s’appelle en fait Morgane de toi. Grand Frère Lion me demande si la fille de Renaud s’appelle Morgane ou Lola et j’en perds mon lapin qui est partie trémousser son pyjama dans le salon.

Nous dansons un slow.

Le frêle à se taire chante que sa fille est la seule gonzesse etcétéra sans se démettre une épaule et moi je démets la mienne en tenant la mienne mais c’est bon quand même. Puis vient le moment de se brosser les dents, comprendre les lui brosser les siennes.

Elle me regarde de ses grands yeux tout ronds, ses yeux d’amour tout neufs, ses yeux de petite fille de quatre ans qui aime son Papa surtout quand il lui brosse les dents. Elle a un truc à me dire important, je le sens que c’est important parce que ses yeux sont encore plus ronds qu’à l’accoutumée mais elle ne peut pas parler la bouche pleine. Un truc par rapport à Stromae ou aux semaines alternées ou à l’école, je ne sais pas, elle crache un peu partout et je lui lave le joli visage. Je lui brosserai les dents aussi longtemps qu’elle voudra.

« Je vois pas de saletés dans ton nez quand tu me brosses les dents ».

Bon ce n’était pas essentiel mais je suis aise quand même c’est toujours ça de pris, aussi. Je prends tous les compliments.

« Je vois pas de saletés mais je vois des poils ».

Bon, au lit. Je chéris les traditions chéries.

Ne pas refuser les valeurs refuges – Blog de Papa Lion

"You are everything that surrounds me in this place"
« You are everything that surrounds me in this place »

Le regard d’une petite princesse de 4 ans et demi sur les attentats a de quoi mettre des rivières dans les yeux comme disait la chanson mais la petite Ange (pas de féminin à ange ?) ne sait rien de ce qui ébranle la vie des très grands, vu qu’elle est toute petite et que ses parents et sa maîtresse et même Antoine Gaspard l’ont préservée du Malin. Elle va bien dans un monde qui va mal quand elle allait mal dans un monde qui essayait d’aller à peu près bien et merde, ça fait du bien et ça aide à dormir de savoir que son petit soi dort enfin. Mais pourquoi lui raconter le reste ? Mon angelotte pour qui on peut bien inventer des mots n’a qu’une idée en tête : lire et rire et inspirer des contrepèteries de moyenne section à son père. L’Amour a la moue mais on la déride aux chatouilles et ça rend presque heureux !

 

Sus à la mort l’enfant ne suce plus son pouce !

 

L’Adorable appuie comme une petite reine sur sa petite reine à 16 pouces et je suce sa roue en guettant la chute. L’enfant de trois pommes est celui d’une poire et d’une jolie fraise, c’est bien par ailleurs celui de son père : elle chute avec des stabilisateurs. Il faut le faire, il faut le frère aussi et c’est d’ailleurs lui qui relève sa relève et nous comprenons que j’ai monté des petites roues de 14 sur un vélo de 16. Mon petit pouce me dit que je me suis trompé de pouces. Fallait le faire mais il aurait mieux valu ne pas le faire, mon bébé ne veut plus avancer. Je ne cesse pas de pousser son 16 pouces. Le joli copain Julien suggère de la monter sur roulettes. Des rollers pour le bébé râleur ? Des jeux de nouilles hier, des genouillères demain, le soleil en baroud d’honneur de leçons me laisse l’hiver pour y réfléchir. L’heure du scooter arrivera vite. Qu’elle ait acquis l’équilibre d’ici là ! L’équilibre est à qui veut la voir.

 

Nous prenons la pose quand la pause s’impose. Tic, tac, les midis d’automne dans le Midi entonnent la chanson du temps qui fait raccourcir les journées. Quel con ce temps ! Le temps de partager des tics et des tac à la menthe, une mante religieuse me casse les pieds à me monter sur le dos. Un tout petit enfant me demande pourquoi on appelle ça une mante religieuse et je n’ai pas de réponse et plus ça va, moins j’ai de réponses, et plus il y a de questions. Je souris. Je Nell y les moyens ni l’envie de répondre, Léna fusent. On se moque, on se smacke. L’amitié et l’enfance sont décidément les dernières valeurs refuges.

 

(C’est quand même pas rien que le meilleur groupe du monde s’appelle Archive).

 

 

Halloween – Blog de Papa Lion

StampaMon fils me demande pourquoi le chien du vigile est ainsi muselé. J’explique, c’est un berger allemand mais l’enfant trouve que ça n’a ni queue ni tête, enfin si, mais que ça n’a pas la tête de son emploi, je l’entends déjà me dire qu’il a plutôt l’allure d’un vigile clermontois et que c’est de son chien qu’il parle. Toujours est-il que les voleurs peuvent bien s’envoler : ils ne sont pas près d’être mordus. Justement, je lui explique que c’est dissuasif, je lui dis « tu n’iras pas voler si tu vois que le gardien a un chien potentiellement méchant » et là c’est moi qu’il trouve méchant : il n’irait jamais voler.

Nous revenons de la fête d’Halloween et sommes donc sur le parking de la grande surface, genre 1000 mètres carrés. Mon bébé cadum fait son bébé dans le caddie et Grand Frère Lion n’en démord pas : le chien ne mord pas s’il est muselé. Nous achetons quelques légumes et faisons l’impasse sur les bonbons car cet après-midi, à la fête d’Halloween, c’était Haribowin.

Mais dans la voiture la conversation passe de la citrouille au chien qui fout la trouille. Je lui explique qu’on met un gros chien méchant pour faire peur aux voleurs et qu’on lui met une muselière pour rassurer les papas, et qu’il vaut mieux que le gardien tienne en bout de laisse un berger allemand muselé qu’un caniche aux ratiches de lait.

Un ange passe au loin et le feu au vert.

« Et un caniche avec une muselière ça fait quoi ? »

Punaise pétard peuchère cet enfant est opiniâtre ce que la citrouille est à l’oween. Déjà la pinata n’a pas loupé : et ça sert à quoi de casser une boule, et c’est dangereux on peut se prendre un coup, et autant manger directement les bonbons dans leur sachet et sachez que les bonbons ça colle, entre autres des caries. A la chasse aux bonbecs fallait les voir, sa sœur et lui, main dans la main, plantés au milieu du jardin quand leurs copains, tous au charbon et tous azimuts, chassaient les fraises tagada dans les framboisiers d’la tata. La mamie de la copine leur en a mis dans les mains, comme de bien entendu mais ni vu ni connu. Il est venu me demander s’il pouvait en manger.

Mais oui, croque-le, mon sucre ! Allo ! Oui, c’est Halloween !

Halloween, Grand Frère Lion croyait en être revenu mais en revenant je comprends que son avis a changé sur la question : il vient de passer un bon après-midi chez sa copine québécoise qui en connaît tout un rayon, surtout celui des sucreries, et qui a eu la bonne idée de décorer le mazet de sa mamie de crânes et de momies. Mazette, la fillette un peu crâne a réussi son coup. On s’est jamais autant marré le jour de la fête des morts.

Non vraiment, sinon cette histoire de chien qu’on empêche de mordre, c’était une bonne journée.

L’ours Cannelle – Blog de Papa Lion

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Je suggère à mon fils de parler chiffons avec Honorette et Marie-Gwendolyne pendant que je vais chercher Bébé Lionceau devant sa classe. Devant sa classe, j’attends, il y a là queue des parents. Les enfants de rang élevé élevés au rang de ceux qui se mettent en rang saluent un à un la maîtresse et lui souhaitent de bonnes vacances. La maîtresse est radieuse : c’est vendredi et c’est vacances. Je connais ça. Il ne peut rien arriver de grave sur Terre à un professeur dézécol le vendredi des vacances au moment du lâcher d’élèves.

L’élève mal élevée sort en pleurant et sans saluer sa maîtresse qui pourtant m’assure qu’elle a passé une bonne journée et que ça y est, elle a des amis. Elle fait connaissance le jour des vacances, c’est bien ma fille tiens. A propos, c’est précédée d’un immense ours en peluche et bandoulière qu’elle franchit la porte de la classe. Ah oui sourit la maîtresse qui a oublié de nous prévenir : voici Cannelle et son carnet de voyage qu’il est à notre tour d’alimenter. L’ours Cannelle…Quel choix étrange et ma mémoire se met en branle, un vrai poisson rouge en Alzeihmer, je revois tout de même les images d’un feu ours ariégeois abattu il y a une quinzaine d’années pour s’être trop gavé de pyrénéens. C’était donc à Noël. Soit la maîtresse est chasseuse, ce qui n’est pas facile à dire, soit la maîtresse défend les animaux, ce qui est plus facile à entendre. Quoi qu’il en soit c’est un coup fumant.

Grand Frère Lion se chargera de prendre Cannelle et Bébé Lionceau en photo. Bébé Lionceau racontera à la rentrée ses vacances quatre étoiles avec la grande ourse. Il faudra des photos chez sa mère et des photos chez son père, elle va voir du pays, Cannelle, et ma fille racontera ses histoires gourmandes de retour à l’école. Des histoires de Cannelle au nid.

La ressemblance de Cannelle avec Portos est frappante. Portos c’est le doudou de toujours de ma fille, même marque et même regard triste, ce sont les mêmes. Bébé Lionceau m’explique qu’il n’y a pas de Papa, en revanche. J’ignore pourquoi je lui demande mais je lui demande pourquoi et ma fille m’explique que le papa de Portos est mort, ça me tue moi alors je lui dis que c’est trop triste ; ma fille me rassure : mais non, il n’est pas mort, c’est uste que la maman de Cannelle et lui sont uste séparés. Me voilà rassuré.

La réunion parents maîtresse – Blog de Papa Lion

tequilaLe plus dur dans le métier d’enseignant c’est les réunions parents professeurs de ses propres enfants. C’est comme le boulot, mais en plus pénible. La directrice n’a pas manqué d’indiquer ma profession à l’assemblée des autres parents et ça m’a mis mal à l’aise. Et puis elle a parlé de la charte de la laïcité et le malaise s’est accru quand elle m’a demandé, alors que je n’écoutais évidemment pas, « que pensez-vous de la laïcité Monsieur Lion » ? J’ai bredouillé « Ma foi… ». Ca commençait mal.

La maîtresse est super jeune et dynamique, je me demande comment on peut être aussi dynamique pour les parents à 17:30. Elle a passé des C’est pas sorcier à ses élèves toute la journée pour garder du jus, ou bien elle se drogue, ou alors elle est juste dynamique. Du coup j’ai essayé d’être dynamique lors de ma réunion à moi, devant les huit parents d’élèves (record battu) qui avaient eu la délicatesse de s’y déplacer, je ne suis pas sûr d’avoir fait aussi bien qu’elle. Ah si, quand la mère de je ne sais plus laquelle m’a informé que sa fille n’irait jamais à la piscine, là je suis devenu tellement dynamique qu’elle est partie et ils n’étaient plus que sept, nouveau record à battre.

La maîtresse de Grand Frère Lion avait préparé un powerpoint presqu’aussi dynamique qu’elle : il y avait des puces de partout et des fondus au noir godardiens. « La classe est sympathique, c’est une classe qui bouge un peu mais avec une bonne ambiance » : elle a du métier, celle-là je n’ai notée pour ma réunion à moi. On s’est souri Maman Lionne et moi quand elle a évoqué un de ses élèves qui lit le dictionnaire quand il a fini son travail, c’était de loin le meilleur moment de la réunion. Quand elle a parlé d’îlots j’ai rêvé de vacances mais quand elle a évoqué le cycle rugby j’ai pensé à mon fils, son dictionnaire à la main, broyé entre Kevin et Nolan. L’animateur s’appelle Fabrice et c’est le moment qu’a choisi la directrice pour m’extraire de mes rêveries : « Fabrice, vous le connaissez sans doute, Monsieur Lion ? ». C’est fou cette manie d’interroger les élèves quand ils bâillent. « Fabrice ? Oui, c’est un excellent pédagogue. » Je ne sais pas ce qui m’a pris : Fabrice, je ne le connais pas, sans doute un gros balaise qui va au contact comme on dit probablement dans le métier et qui va forcer mon fils à manger des fourchettes dans la mêlée. Lui qui ne sait même pas tenir ses couverts et qui déteste le contact.

Le powerpoint et les projets de l’année, c’était plutôt intéressant. J’ai cru que c’était fini mais elle a donné la parole aux parents pour la sempiternelle séance de questions réponses. J’ai noté sur ma petite feuille : « penser à ne pas donner la parole aux parents ». La pauvre, elle a eu des questions qui tuent. La meilleure a été « Et les récrés, ça se passe comment ? »

Mais comment peut-on répondre à ça ?

Elle a gardé son calme : « 2 adultes en permanence, sous le préau quand il pleut, c’est écourté quand il fait très froid et ça se passe plutôt bien.

– Non parce que ma fille l’autre jour elle m’a raconté… »

J’aurais voulu qu’elle réponde que les récréations durent plus d’une heure, qu’on fournit les pierres très lourdes pour qu’ils se les jettent à la tronche, qu’on boit des tequilas au chaud pendant qu’ils jouent en t-shirt sous la pluie et qu’on les désinfecte avec les fonds de verres.

Et puis la réunion s’est terminée. Grand Frère Lion nous a demandé ce que la maitresse nous avait appris, j’ai trouvé ça mignon. On ne lui a pas dit, pour le rugby, laissant le soin à la pédagogue de lui annoncer la bonne nouvelle.

J’ai raccompagné Maman Lionne et les enfants. Bébé Lionceau m’a demandé s’il fallait vraiment que je rentre chez moi. J’aurais eu besoin de pédagogie ou d’un powerpoint avec des puces. Mais il n’y a eu qu’un fondu au noir godardien.

 

La rentrée dans la nouvelle école – Blog de Papa Lion

Bébé Lionceau

On m’a suggéré de redevenir drôle et ça tombe bien car ma fille pleure toute la journée depuis sa rentrée dans sa nouvelle école alors rions. Essayons. Je fais le clown dans la voiture, je pensais qu’aller à l’école en voiture participerait de la nouveauté et d’une rentrée réussie alors qu’en vrai on longe des boulevards tristes, surtout quand on est assise derrière Papa et qu’on reconnaît le chemin et qu’on n’aime pas vraiment le parcourir dans ce sens. Je fais le clown, Grand Frère Lion est plié en deux, tu m’étonnes : la maîtresse est gentille et ils font de la musique. Bébé Lionceau est pliée en deux et c’est plutôt d’angoisse. Elle ne pleure plus dans la voiture, ce serait un léger mieux si elle ne faisait pas cette mauvaise mine. Elle me regarde impassible à travers le rétroviseur, je ne la reconnais pas.

La fille de l’accueil du matin n’est visiblement pas lève-tôt non plus, ça tombe mal. Elle lève les yeux au ciel en voyant Bébé Lionceau en larmes, Bébé Lionceau regarde ses pieds ; leurs regards ne risquent pas de se croiser. Je n’ai pas connu pire dans ma vie que le regard des autres parents sur moi quand ma fille s’agrippe et manque de m’arracher le falzar en hurlant papa papa.

Bon. On me dira qu’on a tous connu ça ben moi c’est nouveau parce que Bébé Lionceau avant c’était Ponyo qui sourit et elle n’a pas beaucoup pleuré pendant son année de petite section. Elle encaisse les coups que je lui ai portés, j’ai du mal à me regarder dans mon rétroviseur. Pourtant si je devais effeuiller la marguerite je l’aimerais à la folie, à la folie, à la folie, à la folie. Elle est belle et elle est drôle, quand elle s’arrête de pleurer elle est vraiment très drôle, et puis ce ne sont pas des dessins, ce sont des chefs d’œuvre et ce ne sont pas des câlins, ce sont des étreintes, ce n’est pas de la douceur c’est de la tendresse, ce n’est pas de l’amour, c’est la passion. Elle lit Tintin en cherchant surtout Milou, elle parle avec des haricots plein les dents et elle trouve que ce n’est pas une cantine mais un restaurant puisqu’on n’y mange autant de pain qu’on veut.

La journée passe : des élèves qui sans faire exprès ont mis un coup de poing à d’autres qui n’ont pas fait leurs devoirs parce qu’ils ont oublié. Ces petits d’aujourd’hui sont moins mis en danger par les jeux vidéo que par le manque d’imagination.

17h30, je file à l’école de mes enfants. L’ATSEM de Bébé Lionceau me dit que ce n’est pas mieux, que c’est préoccupant mais que ça va s’arranger, je trouve ça contradictoire, elle m’agace. Nous montons chercher Grand Frère Lion à l’étude. « Ca s’est vraiment bien passé pour Bébé Lionceau » me dit-il. Je suis surpris : on vient de me dire l’inverse. « Je ne l’ai vue pleurer que deux fois ! ». Je compte le nombre de fois qu’il a pu la croiser dans la cour : avant la cantine, après la cantine. Bref, il veut rassurer son papa.

C’est la franche rigolade sur le chemin du retour et punaise c’est bon. Grand Frère Lion a passé une super journée, mis à part le handball parce qu’il faut dribbler et il n’y arrive pas. Sans blague ? La maîtresse lui a suggéré de s’entraîner à la maison, je trouve que c’est une bonne idée, il me rappelle qu’on n’a pas de ballon de handball et que de toute façon j’habite dans un appartement, maintenant. Grand Frère Lion regrette qu’il y ait deux fois sport et une fois musique dans la semaine. Il aurait préféré l’inverse. Il me montre une clé de sol dans le rétroviseur mais je regarde surtout sa sœur. Elle observe à travers le carreau le défilé des gens dans la rue et doit se demander pourquoi tout le monde ne reste pas à faire des dessins à la maison avec son papa, ou avec sa maman, ou avec les deux. Je lui demande ce qu’elle regarde, elle me dit « rien ». Bon.

 

 

Les marrons plein la tronche – Blog de Papa Lion

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Chaque repas est une immense blague que Bébé Lionceau abonde, entre autres, de messieurs et mesdames qui ont un fils comment l’appellent-ils, mais à l’image des Harry coverts qui calent en bouche ses calembours calent au bout. Pourtant, Tao Saucisson ou Maël Concombre parviennent à nous faire rire car c’est l’intention qui compte et qu’elle est bonne, l’intention, et qu’elle est bonne la blague, et qu’ils ne sont pas bons mes haricots. C’est la fin d’un dimanche à trois dans l’aube d’une nouvelle vie à inventer. Nous avons ramassé des bogues, informes articles de décoration pour les cheminées qui restent de marbre. A grand renfort de coups de pieds nous exfolions les fruits trop mûrs d’un automne bien précoce. J’en ai plein les poches sous les yeux, nous en aurons bientôt à ne plus savoir qu’en faire, l’enfer marron d’ailleurs Grand Frère Lion me demande, tiens, au fait, ce que j’en ai fait des marrons qu’on a ramassés l’an dernier ? Et l’année d’avant ? Et chaque année ? Bébé Lionceau croit se rappeler les avoir mis dans le coffre. Bon.

Une femme en tailleur nous observe. Quelle idée de porter un tailleur un dimanche matin aux jardins. Ses petites filles (Coline et Claude ?) convoitent la dot de mon fils, une douzaine de marrons tout chauds. Ils sont peut-être dans la même école, celle où les nôtres sont inscrits pour échapper à l’école du t’y es car…t’habites le mauvais quartier. Elles s’approchent et voudraient bien entamer la conversation mais, considérant probablement que le bonheur est tailleur, il se taille. J’ai honte, je lui dis, il s’en fout : il a repéré un petit marron là-bas qui fera treize à la douzaine. Sa sœur le suit, j’essuie ma sueur : les sauvageonneries de mon rejeton me pèsent.

A la maison, enfin, à l’appartement, nous respectons le sempiternel temps pas très calme, puis nous jouons. Je prépare à contrecœur ma semaine avec mes élèves pendant mon week-end avec mes enfants. Puis l’après-midi passe.

Les enfants se couchent, se relèvent, se recouchent sinon « ça va mal aller » et je prie pour que ça aille bien. Oui, vraiment, j’espère que tout ira bien. Je me pose une énième fois la question et me dis que ça pourra aller tant que Tao Saucisson et Maël Concombre égaieront nos repas.

 

 

Le blog est en standby

Changement de domicile = changement d’hébergeur. Amen. J’ai paumé le contenu des trois dernières années et donc des trois premières années du blog mais j’ai tous les textes, je les republierai au compte-gouttes. A très bientôt,

Vincent

La RAJE – Blog de Papa Lion

radio-papalion

C’est la musique d’aujourd’hui et de demain que le clone de son père écoute impassiblement et un peu trop fort dans sa chambre qui est aussi celle de sa sœur et ça c’est pas facile à faire entendre, moins en tout cas que RAJE FM, quel drôle de nom, RAJE FM 102.5, la musique d’aujourd’hui et de demain, single leitmotiv pour ne pas penser à hier et je crois que mon fils aux cheveux blondis par le soleil fonce en cette fin d’été. On cherche à s’échapper mais dans le salon c’est ma playlist largement inspirée ces derniers mauvais temps de RAJE FM et du coup c’est un peu la stéréo dans la maison devenue appartement par le truchement des choix de vie mais music is life. Tiens, du rap, ça n’empêche pas le petit grand garçon de chercher des mots dans son dictionnaire et j’espère qu’il n’y cherche pas les mots en uck et en itch de la chanson. Entre le yaourt et la pomme sa pomme fredonne un truc en yaourt, mais si tu connais, ça passe sur RAJE ! J’entends mais je ne vois pas. Dans sa barbe, Grand Frère Lion répète machinalement : RAJE, la musique d’aujourd’hui et de demain. Il n’a plus de CD mais il a la radio. On annonce les promos de rentrée à la Halle aux trucs, il s’impatiente : la pub, la pub ! C’est dans les gènes, mais revoilà du bon son et je lui fais remarquer que c’est pas de la musique de supermarché, ça, Pépère. Il me fait remarquer qu’il n’y a pas de musique dans les supermarchés et me demande pourquoi je l’appelle Pépère, soudain, ben je sais pas moi. Bébé Lionceau a un CD, elle : jamais on a vu jamais on ne verra la famille tortue etc. C’est de la musique d’hier ça ma poule, alors la grande petite fille ou bien c’est l’inverse car son père s’y perd me demande pourquoi je l’appelle sa poule. C’est vrai, me voilà bien familier depuis que la famille est dispatchée. Dyspatchée ? On lit Tintin tiens, ils sont bons les Dupont Dupond, plus nuls tu meurs, on rigole un coup c’est pas tous les jours, enfin si d’ailleurs c’est tous les jours et ça fait briller le soleil qui se couche de plus en plus tôt, foutue fin de mois d’août je ne t’ai jamais aimée. Le temps d’un câlin et ça prend un temps fou, le moyen garçon est à son poste : il rallume le poste qui nous rappelle le subliminal « RAJE FM, la musique d’aujourd’hui et de demain ». Sublime, Grand Frère Lion me dit avec la banane aux oreilles que c’est quand même du bon son, RAJE FM. Je lui suggère de surveiller mon langage.

Les boîtes vides

L’errance entre les matelas en mousse n’est pas de mon ressort. Je m’émousse entre les matelas à ressorts, cherchant à comprendre un certain nombre de choses qui touchent à la disposition des infinis articles de la fameuse enseigne suédoise, et à d’autres choses aussi telles que, allez, au hasard et entre autres, l’amour par exemple. Un enfant qu’une l’errance a rincée semblablement ou presque attire mon regard et je l’en détourne sinon c’est trois claques et les petites bonnes femmes en jaune ne me diront pas dans quelle allée je trouverais Brusali, déesse de la porte miroir et du panneau de fibre de bois imprimé, pourvu que je ne tombe pas dedans. Tout est à reconstruire et pour ça il faut d’abord construire, faire gazer la vicieuse visseuse qui tend plutôt à déconstruire. Dans les rayons des enfants je craque et j’achète des chiens en fibres de polyester et bien malgré moi mais enfin ça m’est venu comme ça je pense à Pauline Ester et que le rapprochement avec ma fille se fasse chez les Suédois me laisse pantois et pendu à mon iPhone sans message, dans ma poche mais sage. Qu’est-ce que je vais bien foutre de et dans ces armoires normandes et suédoises ? Ca vibre tiens, on me demande des nouvelles et je n’ai que des vieilleries à raconter que j’entasserai comme elles viendront, des vieilleries en cartons, mais pas en carton. J’achète un certain nombre de boîtes vides, con toutes ces boîtes vides me donnent le vertige, ma nature a peur du vide. Mes jambes se dérobent en retournant dans le rayon enfants (j’ai oublié les feutres pour Pauline Ester), c’est les médocs ou le Médoc, mon doc est en vacances et ses soins en villégiature, d’Hossegor à Arcachon y’a pas à dire j’étais mieux à voler sur un vélo. Quelle plaie grande ouverte au rayon libre service : j’ai une poêle dans la main, pas envie d’aller plus loin et pourtant la grosse flèche noir m’indique qu’il va bien falloir encaisser. Je prends un service 24 pièces, moi qui ai toujours détesté les puzzles me voici puzzled à mort, c’est marqué de partout « Nouvelle rentrée nouveau départ », je déteste le mois d’août et les publicitaires. Il est de bon ton de ne pas aimer les intérieurs Ikea tout en blanc : je plonge et ce sera immaculé, ou strié de bordeaux si je m’écharpe en montant tout ça à l’arrache et la rage.

 

Une phrase prononcée entre 3000 bières chez Ivan C. (salut poulet) revient à ma mémoire comme les souvenirs par milliers, tiens de qui était cette chanson ? Je ne cherche pas, peur d’être déç(h)u.

 

Il y a des plantes en pot et d’autres en plastique et enfin y’en a des deux c’est dégueu je trace ma route, tiens ça aussi ça me rappelle une chanson d’un con, je ne cherche même pas et je trace ma route à la hâte ; rien ne me presse mais tout m’oppresse. Tiens encore des boîtes vides avant les caisses. Y’a plus de place dans mon chariot qui charrie tiens pourquoi pas deux « r » à chariot ?

 

 

Je passe à la caisse et pour un con parce qu’avec toutes les casseroles que je traîne je suis quitte pour un certain nombre d’allers et retours, et puis je m’en fous. Dans Wikipedia et un moment d’oisiveté j’apprendrai que Pauline Ester est « tombée dans l’oubli avant d’effectuer un retour avec un best-of ». En bon best off je me réjouis pour elle en, bien sûr, m’en foutant un peu quand même. Dans le placard vide d’un appartement vide, je dispose soigneusement des boîtes vides.